VISITES

 

Nous avons sélectionné pour vous les sites d’intérêt touristique majeur, sans lesquels une visite à Ségou ne saurait être. Ce choix est subjectif : non pas que les autres sites soient sans intérêt, mais cette sélection vous permettra d’aller à l’essentiel de Ségou :

 

A Ségou :

      

Le marché du Lundi, toute la journée dans le centre de Ségou : le lieu le plus coloré et le plus vivant. Il s’étend sur tout le centre de la ville. Tôt le matin, les petites charrettes tirées par des ânes convergent de tous les villages alentours. Les pirogues aussi se pressent sur le petit port pour y débarquer leurs passagers et repartir aussitôt pour un nouveau transit. Autour du Grand marché pendant toute la  journée, une foule colorée va animer de ses cris, et déambulations  :   les gens des alentours sont venus   vendre toutes sortes de fruits, légumes ou autres productions artisanales. Les marchands de tissus aussi : peulhs venus avec leurs magnifiques couvertures tissées, femmes avec leurs bogolans traditionnels, vendeuses de bazins ou d’autres tissus imprimés. Tout est prétexte à couleur. Même le bonimenteur aux remèdes miracles est là, captivant la foule de ses explications tout comme les inévitables joueurs de bonneteau.

 

 

-     Le village de Ségou Koro ( en bambara le Vieux Ségou), à 15 kilomètres du entre de Ségou, c’est sans doute l’implantation humaine la plus ancienne. C’est le village des Koulibaly, construit tout de banco rouge. Au hasard du lacis de ses ruelles étroites, vous découvrirez quelques splendeurs architecturales : la devanture (c’est ainsi qu’on dit ici) du vestibule de la famille Bah (on y teint de l’indigo), la mosquée de la Mère de Biton Coulibaly toute de terre noire celle-là, le 1er Vestibule de la Maison de Biton, juste à côté de sa tombe, et surtout, cette merveille de petite mosquée, toute rouge, avec ses œufs d’autruche pour couronner les piliers, blottie au bord du Niger sous un immense fromager. Il y a des moments privilégiés dans la vie : passer un long moment, assis au bord du fleuve, près de cette mosquée, en fait partie .

 

Les potières de Kalabougou : la poterie, parce que c’est un art du feu, est bien sûr le privilège des femmes des forgerons (eux aussi maîtres du feu). Dans la caste des niamakalaw, à coté des griots (les gens de la parole), les forgerons jouent un rôle éminent dans la société traditionnelle bambaras : ils fournissent les instruments de travail (houes, pioches, …) et leurs femmes, très logiquement, fabriqueront les poteries de terre cuite qui serviront aux autres femmes de la société. Longtemps, les forgerons ont eu le monopole de la circonsion des garçons, et leurs femmes celle de l’excision des filles (aujourd’hui dans de nombreux cas, c’est le médecin qui fera l’opération). Dans la société traditionnelle, tout prend sens, et les rôles et fonctions sociales sont strictement régulées. Le village de Kalagougou est un village de forgerons et de potières situé juste en face de Ségou, sur l’autre rive, derrière le fleuve, comme on dit ici. Elles y fabriquent des poteries utilitaires vernissées à la main (technique du colombin), sans tour. Le savoir est ancestral, et la technique n’a jamais évolué depuis les temps les plus anciens. C’est sans doute cette rusticité qui fait le charme authentique des poteries des femmes de Kalabougou . Le village est accessible en pirogue seulement : une belle occasion de ballade sur le fleuve Niger, et en profiter pour remonter en aval du fleuve, entre les ïlots à la nature préservée et à la flore et faune préservées (oiseaux surtout)

    

L’architecture coloniale du Quartier Administratif : de l’époque coloniale, Ségou a conservé un ensemble cohérent de bâtiments tout à fait remarquables, tous construit dans le style néo soudanais : c’est l’ensemble le plus important et le plus cohérent de l’Afrique de l’Ouest, Il témoigne d’un goût architectural certain pour ces administrateurs coloniaux, et aussi sans doute de leur admiration pour cette belle architecture de terre qui de Kayes à Niamey caractérisait les constructions traditionnelles en terre. Adapté aux besoins de l’administration et aussi des services, notamment ceux de l’Office du Niger, les bâtiments de Ségou sont sous situés dans la même zone, donc faciles d’accès. Entre les allées de cailcédrats, l’arbre colonial par excellence, vous aurez l’occasion de découvrir des édifices tous différents, mais surtout tous animés d’ un « geste architectural », même les plus modestes constructions .

 

Le Ndomo : Création de bogolans et Conservatoire des Teintures naturelles à Pélengana (à la sortie de la ville en direction de Mopti). Le Ndomo présente toute sa collection de bogolans contemporains : cette association d’artisans, animée par Boubacar DOUMBIA, travaille, depuis de nombreuses années à créer des panneaux décoratifs et autres pièces de coton, à la fois créatifs et de bonne qualité. L’équipe de Boubacar explore des voies nouvelles autour des techniques de teintures naturelles. Elle ne contente plus de bogolan (couleur noire obtenue à partir de la boue du fleuve), du basilan (couleurs ocres et rouges obtenues à partir de feuilles et écorces), ou de l’indigo (couleur obtenue à partir de la fermentation des feuilles de l’indigotier) : avec audace, elle mélange les techniques. La créativité dans les dessins est aussi au rendez vous. Et en plus, tout cela est au service d’un vrai projet social : celui de donner à des jeunes gens, un métier, sa maîtrise technique et commercial, dans le respect des traditions bamanas.  A se faire expliquer par Boubacar.

         

L’Espace Bajidala, Centre d’Art Contemporain est situé à Ségou Koura, au bord du fleuve : C’est à la fois un espace d’exposition et aussi un espace pour y accueillir des artistes en résidence. Bajidala a présenté en 2006, une exposition remarquée sur l’Art du Sogobo, Masques et marionnettes du Mali. Pour 2007, c’est au tour du peintre David Coulibaly de présenter ses créations sur toiles et ses peintures sur verre. Outre les artistes qui, ponctuellement viennent travailler à Bajidala (ils y trouvent un environnement propice à la création avec des ateliers), l’Espace Bajidala organise aussi des résidences thématiques, confrontant les artistes de divers pays, ou de diverses disciplines. Bajidala se veuit espace de promotion de l’art contemporain au Mali. Il est situé dans un cadre exceptionnel  surplombant le Niger et est aussi servi par une architecture toute de banco rouge, repensée pour une utilisation contemporaine. En dehors des expositions particulières, il présente une collection d’œuvres de peintres ou sculpteurs africains, ainsi que sa collection de Sogow (marionnettes).

 

Plus loin :

        

Le Barrage de Markala et la Zone irriguée de l’Office du Niger : l’ingénieur Bélime en 1920 a rêvé de ce grand projet : un barrage qui permettrait d’iiriguer tout le delta intérieur du Niger, et qui ferait de cette zone aride, une formidable zone de production agricole. Ce grand projet colonial a vu sa concrétisation en 1947 avec l’achèvement du Barrage de Markala. C’est l’Office du Niger qui a été chargé de piloter cette affaire. Après l’indépendance, les productions ont été réorientées : au coton, on a préféré le riz, répondant mieux aux besoins de la population, La conquête du delta intérieur n’est pas terminée : d’immenses zones sont encore en cours d’aménagement près de Macina ou de Jabali (Nord de Niono). Le barrage de Markala est spectaculaire : il permet d’élever de quelques mètres le niveau du fleuve pour pourvoir diriger l’eau vers les zones à irriguer, car la caractéristique de tout ce réseau, c’est qu’à aucun moment on ne relève l’eau : c’est par le jeu de la gravitation, et uniquement, que l’eau parvient aux diverses parcelles : sur des centaines de milliers d’hectare, la gestion de l’eau se fait au millimètre près. Un tourisme technique de grand intérêt.

 

La Mosquée de Niono : ou la Mosquée aux Mille colonnes. La construction de cette mosquée est récente : Niono est une ville de colonisation. En effet, pour les zones irriguées de l’Office du Niger, peu peuplées, il a fallu faire venir des populations des pays voisins : ils sont le plus souvent venu de l’ancienne Haute Volta (désormais Burkina Faso). La croissance de la ville de Niono est largement liée aux besoins en travailleurs de l’Office du Niger. C’est ce qui explique que cette Mosquée est toute récente : 1956 ! C’est pourtant en terre qu’elle a été édifiée, un édifice grandiose, avec ses alignements de colonnes et d’arcatures. Digne de la Mosquée de Cordoue ! Ce bâtiment a reçu le Prix Aga Khan pour l’Architecture. A remarquer qu’en allant à Niono, souvent dans les villages traversés, il y a aussi d’admirables mosquées de terre, preuve s’il en était de l’intérêt de ce matériau, à la fois plastique et écologique.

 

 

 

Artisanat

 

Il faut aller voir aussi les belles poteries vernissées des potières de Farako, qui installent leur production sur la berge.

Les tisserands sont installés un peu partout dans la ville, avec des métiers de petite largeur : ils travaillent avec les fils de la Comatex, somptueusement teints, pour fabriquer des couvertures aux couleurs vives.

 

Toujours dans le textile, la Tapisserie Nieleni tisse des tapis de laine depuis plus de 85 ans : ils ornent les sols des Batiments officiels à Bamako ou de riches personnalités. C’est un tapis qualifié par les professionnels comme l’un des meilleurs tapis de laine qui soit.

 

 

D’autres fabricants de bogolans sont dans la ville. A noter : le Centre Sinenjisigi à Ségou Koura présente des bogolans traditionnels dans un espace « historique » : la reproduction  de la maison du fameux griot Sountoukou, telle qu’elle existait à Ségou en 1862 .

 

Et aussi le Centre Soroble au bord du fleuve.

 

Dans la rue de l’Auberge, qui mène au fleuve, nombre d’artisans présentent leur travail : sculpteurs sur bois, maroquiniers, travail du cuir par des touaregs, ….Des revendeurs présentent aussi des masques, des tissus, des chaussures, des colliers, des panneaux décoratifs.  Un peu de patience, et beaucoup de palabres, pour faire de vous l’heureux détenteur d’un objet rare et original.

 

Galeries d’art

 

Le Kore a été construit sur le Quai des Arts pour y recevoir les expositions d’art à l’occasion du Festival sur le Niger.

Le reste de l’année, des expositions ponctuelles d’artistes maliens y sont organisées, notamment par le Collectif des Artistes de Ségou.

 

D’autres galeries d’art exposent ponctuellement près de l’Auberge. Mention particulière à la Galerie Kasobane, qui, la première, a osé réutiliser le banco rouge dans sa décoration : son audace a été suivie par bien d’autres. Elle y présente un artisanat d’art de grande qualité.

  

Pour intégrer ces visites à l’intérieur d’un programme d’excusions, voir la page CIRCUITS.